L’édito de juillet 2026
Les World Conferences on Research Integrity (WCRI)
La Déclaration d’Athènes, issue de la huitième World Conference on Research Integrity (WCRI) qui s’est tenue en 2024 à Athènes, vient d’être publiée, alors même que la neuvième WCRI vient de se tenir à Vancouver. Nous reviendrons sur la déclaration d’Athènes à l’occasion d’un prochain rendez-vous LORIER, mais ce double évènement est l’occasion de présenter brièvement les WCRI et leur rôle dans le paysage international de l’intégrité scientifique.
Dès l’origine, les WCRI ont eu un double objectif. D’une part élaborer des documents qui fassent référence au niveau international pour cadrer les politiques d’intégrité scientifique mises en place dans les différents pays. D’autre part, plus classiquement, permettre aux scientifiques et aux institutions concernés par l’intégrité scientifique (institutions de recherche, financeurs publics et privés, éditeurs, académies, Unesco, OCDE…) de partager leurs pratiques.
Un nombre croissant de scientifiques de toutes les disciplines participent aux WCRI. Leurs travaux de « recherche sur la recherche » portent, par exemple, sur la reproductibilité, la robustesse méthodologique, l’évaluation, la conduite responsable en recherche, l’impact des intelligences artificielles, la détection et la correction des fraudes, les conflits d’intérêts, le partage des données et le pré-enregistrement des études, les politiques élaborées par des institutions et leurs effets, etc.
Concernant les aspects plus normatifs on peut observer, dans le tableau des WCRI successives, qu’elles sont devenues un forum international important pour la réflexion sur l’intégrité scientifique et, plus largement, sur les politiques qui fondent une culture de recherche responsable.
Cependant, l’ambition initiale des WCRI d’élaborer des recommandations faisant autorité au niveau international est aujourd’hui confrontée à de nouveaux défis. Très impliquées dans les WCRI depuis l’origine, les institutions européennes alertent notamment sur la difficulté croissante à concilier la vision d’une recherche libre, ouverte et engagée vis à vis des enjeux sociétaux, avec des agendas politiques nationaux de plus en plus marqués par les tensions internationales et les difficultés économiques.
Ces préoccupations ont fait l’objet d’une attention particulière lors de la WCRI organisée il y a quelques semaines à Vancouver. Des débats ont porté sur les conditions nécessaires pour préserver une recherche ouverte, intègre et responsable dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes de sécurité et souveraineté. Nous aurons également l’occasion d’y revenir.
Pour un panorama général des WCRI : WCRI Foundation – Conferences & Guidance Documents
Ghislaine Filliatreau
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Quoi de neuf ?
Des entrepôts de confiance pour déposer vos données
Le Collège « Données de la recherche » du Comité pour la Science Ouverte met à notre disposition une note intitulée « Sélectionner un entrepôt thématique de confiance pour le dépôt de données : méthodologie et analyse de l’offre existante ». Tout est dans le titre. Et la liste des entrepôts proposée, qui a été élaborée grâce aux critères expliqués dans la note est mise à jour régulièrement. A noter : le site « Ouvrir la science » est un site de référence, à visiter souvent … et en confiance !
Ghislaine Filliatreau
Nature ouvre les Registered Reports à toutes les disciplines
Un « Registered Report » (RR) est un format d’article pour lequel l’évaluation par les pairs des hypothèses, des méthodes et du plan d’analyses a lieu avant même que la recherche ne soit menée. Si le RR est accepté (In-Principle Acceptance), la revue s’engage à publier les résultats, quels qu’ils soient, à condition toutefois de respecter le protocole annoncé. Ouverts désormais à l’ensemble des disciplines couvertes dans Nature, les modalités et le modèle de soumission d’un PP dans ce journal sont disponibles ici. Une bonne nouvelle pour réduire les biais de publication et améliorer la qualité et la reproductibilité des études.
Catherine Coirault
Les articles vampires
La recherche reproductible ne manque ni de références au fantastique ni de goût pour la métaphore. Après les articles zombies, qui font référence aux articles rétractés mais qui continuent d’être cités,Treves et al. propose d’utiliser le terme d’articles vampires pour désigner les articles non reproductibles qui ne sont ni corrigés ni rétractés et qui continuent d’être cités. Les auteurs rappellent l’importance pour les personnels de recherche et les éditeurs de signaler et corriger la littérature scientifique erronée, pour lutter les conséquences désastreuses d’une recherche non fiable. Même si vous êtes adeptes de Frankenstein, n’abandonnez pas les articles non reproductibles dans la nature !
Catherine Coirault
Des ressources sur et pour la science ouverte
La plateforme Callisto met à notre disposition un ensemble de formations et de sensibilisation à la science ouverte, la plupart disponibles en français et en anglais, sous forme de capsules vidéo. A explorer et partager sans modération !
Catherine Coirault