Les World Conferences on Research Integrity (WCRI)
La Déclaration d’Athènes, issue de la huitième World Conference on Research Integrity (WCRI) qui s’est tenue en 2024 à Athènes, vient d’être publiée, alors même que la neuvième WCRI vient de se tenir à Vancouver. Nous reviendrons sur la déclaration d’Athènes à l’occasion d’un prochain rendez-vous LORIER, mais ce double évènement est l’occasion de présenter brièvement les WCRI et leur rôle dans le paysage international de l’intégrité scientifique.
Dès l’origine, les WCRI ont eu un double objectif. D’une part élaborer des documents qui fassent référence au niveau international pour cadrer les politiques d’intégrité scientifique mises en place dans les différents pays. D’autre part, plus classiquement, permettre aux scientifiques et aux institutions concernés par l’intégrité scientifique (institutions de recherche, financeurs publics et privés, éditeurs, académies, Unesco, OCDE…) de partager leurs pratiques.
Un nombre croissant de scientifiques de toutes les disciplines participent aux WCRI. Leurs travaux de « recherche sur la recherche » portent, par exemple, sur la reproductibilité, la robustesse méthodologique, l’évaluation, la conduite responsable en recherche, l’impact des intelligences artificielles, la détection et la correction des fraudes, les conflits d’intérêts, le partage des données et le pré-enregistrement des études, les politiques élaborées par des institutions et leurs effets, etc.
Concernant les aspects plus normatifs on peut observer, dans le tableau des WCRI successives, qu’elles sont devenues un forum international important pour la réflexion sur l’intégrité scientifique et, plus largement, sur les politiques qui fondent une culture de recherche responsable.
Cependant, l’ambition initiale des WCRI d’élaborer des recommandations faisant autorité au niveau international est aujourd’hui confrontée à de nouveaux défis. Très impliquées dans les WCRI depuis l’origine, les institutions européennes alertent notamment sur la difficulté croissante à concilier la vision d’une recherche libre, ouverte et engagée vis à vis des enjeux sociétaux, avec des agendas politiques nationaux de plus en plus marqués par les tensions internationales et les difficultés économiques.
Ces préoccupations ont fait l’objet d’une attention particulière lors de la WCRI organisée il y a quelques semaines à Vancouver. Des débats ont porté sur les conditions nécessaires pour préserver une recherche ouverte, intègre et responsable dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes de sécurité et souveraineté. Nous aurons également l’occasion d’y revenir.
Pour un panorama général des WCRI : WCRI Foundation – Conferences & Guidance Documents
Ghislaine Filliatreau