L’édito de juin 2026

Le projet OSIRIS (Open Science to Improve Reproducibility in Science), auquel LORIER participe (voir ici), vient de publier un article présentant l’un de ses résultats principaux : l’élaboration d’un consensus international sur les éléments essentiels à la reproductibilité en recherche.

Cet article, fondé sur un processus Delphi international réunissant des expertes et experts issu.e.s de multiples disciplines, propose une approche structurée pour mieux appréhender les enjeux de la reproductibilité. Son ambition n’est pas d’imposer un cadre normatif rigide, mais d’identifier un socle minimal d’éléments jugés essentiels pour rendre les travaux scientifiques plus transparents, vérifiables et réutilisables. Comme pour notre frise LORIER, ces éléments couvrent l’ensemble du cycle de vie de la recherche, depuis la planification et l’élaboration du protocole jusqu’à la gestion et l’analyse des données, en passant par la conduite de l’étude. La diffusion des résultats y est également envisagée comme une étape à part entière de la reproductibilité, impliquant un accès transparent à l’ensemble des résultats, aux données, aux outils ainsi qu’à tout autre document utile pour comprendre ce qui a été réalisé dans l’étude.

Identifier les composantes essentielles d’une recherche reproductible est une étape importante, et cet article fournit d’ores et déjà des repères utiles pour guider nos pratiques de recherche. Mais ce n’est qu’un point de départ et le passage des principes à leur mise en œuvre reste un enjeu de taille. Il faut désormais rendre ces éléments pleinement opérationnels, compréhensibles et applicables dans tous les contextes de recherche, et favoriser leur diffusion et leur mise en pratique.

C’est précisément dans cette perspective que s’inscrivent les travaux actuellement menés au sein du projet OSIRIS, en lien avec le réseau ambassadeur LORIER et une communauté élargie de chercheuses et chercheurs impliqués dans le projet. Dans le cadre d’un beta test, l’application de la liste des éléments essentiels a été testée sur un large spectre d’études, allant des sciences humaines à la physique, en passant par l’informatique et, bien sûr, pour ce qui nous concerne avec LORIER, les sciences biomédicales. Une analyse qualitative des retours des participant.e.s est en cours afin d’affiner la formulation des items et d’en améliorer la compréhension et la pratique.

L’étape suivante consistera à évaluer dans quelle mesure ces éléments sont déjà effectivement présents dans les pratiques de recherche, et à déterminer si une organisation comme LORIER, à travers son réseau ambassadeur, peut soutenir leur mise en œuvre au sein des institutions. Plusieurs travaux menés dans le cadre d’OSIRIS sont en cours sur ce point, auprès des financeurs, des revues scientifiques et des chercheuses et chercheurs, notamment à l’Inserm. Il est trop tôt pour en présenter des résultats : en effet, nous travaillons nous aussi dans le respect des éléments essentiels à la reproductibilité en recherche identifiés dans le consensus OSIRIS, ce qui implique que nous attendions d’avoir assez consolidé nos travaux pour les partager, même à titre de jalon. Ceci illustre la règle générale selon laquelle la transparence à elle-seule n’est pas suffisante si elle n’est pas accompagnée de la rigueur des méthodes : la science ouverte se doit d’être « aussi ouverte que possible, mais aussi fermée que nécessaire ».

Aussi, nous vous donnons rendez-vous dans un prochain éditorial, prévu au début de l’année prochaine, pour mettre fin au suspense et revenir plus en détail sur ces projets. D’ici là, nous vous souhaitons une excellente lecture de l’article d’OSIRIS.

 

Florian Naudet, Institut de recherche en santé, environnement et travail (IRSET, UMR_S INSERM 1085), Rennes, France

 

 

 

 

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