L’édito de février 2026

La Cellule Intégrité Scientifique de l’Institut Mondor (UMR 955 Inserm-UPEC) : un exemple de gestion de proximité de l’intégrité scientifique

L’Institut Mondor (anciennement Institut Mondor de Recherche Biomédicale – IMRB, UMR 955 Inserm-UPEC) à Créteil est un centre de recherche translationnelle comptant plus de 700 personnes réparties en 17 équipes, un pôle administratif et des plateformes technologiques. En plus des deux tutelles, différents établissements sont impliqués comme partenaires de l’Institut : l’Établissement Français du Sang, l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort, l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm à Paris, le Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et le Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil.

Ayant identifié les enjeux d’intégrité scientifique comme éléments clés dans le développement d’une recherche de qualité, éthique et responsable, la direction de l’IMRB a mis en place début 2020 la Cellule d’Intégrité Scientifique de l’IMRB (CIS-IMRB), dédiée à faire de la promotion, du conseil et de la médiation sur cette thématique au niveau local. Cette décision fut motivée également par la taille importante de l’Institut et la multiplicité de catégories de personnel et d’employeurs, éléments suggérant un bénéfice potentiel d’une approche de proximité dans la mise en place de bonnes pratiques de recherche. Par ailleurs, une relation étroite établie préalablement avec la Délégation à l’Intégrité Scientifique de l’Inserm a grandement facilité le démarrage de la cellule.

La CIS-IMRB est composée de quatre membres représentant chacun une catégorie de personnel (doctorants, post-doctorants, chercheurs et personnels de soutien à la recherche) et du directeur de l’Institut. Le mode de fonctionnement est collégial, structuré autour d’une réunion hebdomadaire fixe de planification des activités.

Différentes actions ont été entreprises par la CIS-IMRB depuis sa mise en place : l’élaboration d’une charte d’intégrité scientifique, conçue comme un premier outil de sensibilisation aux bonnes pratiques au sein de l’Institut, des présentations sur les enjeux de l’intégrité scientifique aux équipes et au pôle administratif de l’IMRB tous les 2 ans, des participations à la retraite bisannuelle de l’Institut, l’organisation de séminaires méthodologiques, la mise en place de groupes de travail autour de l’implémentation de l’usage du cahier de laboratoire électronique et d’un plan de gestion des données générique de l’Institut, la publication de dilemmes dans la lettre hebdomadaire et l’interaction avec le groupe de travail sur les risques psychosociaux de l’Institut. Des réunions régulières sont tenues avec l’école doctorale à laquelle se rattache la majorité des équipes de l’Institut avec des actions communes effectuées et programmées, notamment la formation des encadrants.

En plus de ces actions de promotion et sensibilisation de tous les personnels, la CIS a prodigué des conseils confidentiels et mis en place une douzaine de médiations sur des sujets divers, en rapport entre autres, avec l’autorat de publications scientifiques, la gestion des données, et la valorisation de résultats. Ces actions ont été menées en concertation avec la Délégation à l’Intégrité Scientifique de l’Inserm et la structure homologue de l’UPEC. Les résultats ont été satisfaisants avec une issue favorable dans la quasi-totalité des cas.

Étant une entité de proximité, le retour des membres de l’Institut sur les actions de la CIS est un point majeur dans l’analyse de l’utilité de cette cellule et des possibilités d’amélioration. Un premier questionnaire évoquant ce sujet fut envoyé en 2023, et un autre en 2025, plus détaillé que le premier. Nous nous attarderons sur ce dernier qui a rassemblé les réponses de 92 personnes représentant équitablement l’ensemble des catégories professionnelles de l’Institut. Les principaux résultats sont les suivants : 80% des répondants connaissaient la CIS, 85% sont prêts à contacter la CIS en cas de problème lié à l’intégrité scientifique, la constitution de la CIS avec un.e représentant.e par catégorie de personnel est indispensable ou un plus pour 75% et 22% de répondants respectivement, la présence du directeur de l’Institut est soit indispensable soit un plus pour 40% et 34% des répondants en tant que garant de la légitimité de la CIS, avec néanmoins 18% de répondants qui considèrent que c’est un moins en raison de potentiels liens d’intérêt. Au total, une très large majorité de répondants (93%) considère qu’avoir une instance locale sur l’intégrité scientifique est un plus, voire même est indispensable. Des demandes de bénéficier d’encore plus de communication et d’ateliers organisés autour de la thématique de l’intégrité scientifique ont également émergé.

En conclusion, l’expérience de la CIS-IMRB met en exergue l’utilité d’une structure locale dédiée à la promotion et gestion de l’intégrité scientifique, représentative des différentes catégories de personnel et travaillant en lien étroit avec la Délégation à l’Intégrité Scientifique de l’Inserm. Les avantages d’une telle entité semblent, dans ce cas, être largement plus importants que les inconvénients liés à la proximité des membres de la cellule avec le personnel de l’Institut. Mais ce point mérite une vigilance constante pour éviter tout conflit d’intérêt.

Et pour finir, nous sommes preneurs d’échanges avec vous si vous avez mis en place des initiatives similaires dans vos laboratoires !

 

Les membres de la CIS-IMRB :
Franck Bernard (ingénieur d’étude)
Jorge Boczkowski (ex-directeur -2015 à 2024-, et actuel adjoint au directeur de l’Institut Mondor)
Maelys Born-Bony (post-doctorante)
Raphael Courcoux (doctorant)
Agathe Tarze (maitresse de conférences)

In memoriam : Corinne Vasseur (ingénieure de recherche)

Adresse mail : cis.imrb@inserm.fr

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