Dans cette boîte à outils, vous trouverez des ressources qui s’appliquent à différents domaines de votre activité. Il peut s’agir d’articles, de rapports, de recommandations, de sites web développés en France ou au sein de la communauté internationale. Si une ressource est utilisable à différentes étapes, elle peut être mentionnée plusieurs fois.

Pour une recherche plus responsableFaire équipeAccompagnerles scientifiquesen formationÉvaluer de façon plus responsablePrendre en comptel'impact environnementaldes recherchesPartager la science
Pour une recherche plus responsable
Mise à jour le 12/06/2026.

Accompagner les scientifiques en formation

Pour une recherche plus responsable

La formation des scientifiques se fait en grande partie par mentorat, à la fois individuel et collectif.

Le mentorat est une relation exigeante qui repose sur le respect et la confiance réciproques. Il suppose une certaine disponibilité de part et d’autre : il faut prendre le temps de percevoir les besoins de l’autre, de les comprendre avant de s’efforcer d’y répondre. Un site comme MentorFirst (https://mentorfirst.org/)  propose de formaliser une série d’engagements pour améliorer, de part et d’autre, les pratiques de mentorat :

  • Cultiver un environnement inclusif où chacun et chacune se sent valorisé(e).
  • Faire du développement professionnel une priorité.
  • Communiquer, préciser ses attentes et favoriser la transparence.
  • Promouvoir l’attention et le bien-être.
  • S’améliorer en se formant et en s’évaluant régulièrement.

L’article Mentoring is more important than ever, Heemstra et Garg, 2022 présente ce projet #MentorFirst et  en souligne l’importance.

Le site Putting mentoring first illustre cette volonté par des actions concrètes pour mieux accompagner le mentorat des scientifiques et renvoie vers le compte twitter #MentorFirst pour suivre l’actualité associée.

Un guide du mentorat est proposé par l’université de Montréal : il est clair, concret, et il va au-delà de la notion de simple supervision doctorale, à laquelle on réduit trop souvent le mentorat. https://saisonsesp.umontreal.ca/fileadmin/saisonsfesp/images/mentorat/GUIDE_POUR_LES_MENTOR%C3%89S-site_web.pdf.

On y trouve un lien vers un code d’éthique du mentorat : https://saisonsesp.umontreal.ca/fileadmin/saisonsfesp/images/mentorat/documents/Code_d_%C3%A9thique_Mentorat.pdf, et d’autres ressources pratiques.

-En France, la confédération des jeunes chercheurs (CJC) a élaboré le guide du doctorat (https://guide-doctorat.fr/) et participé au niveau européen à Eurodoc qui a publié une déclaration sur la supervision au cours du doctorat (https://www.eurodoc.net/).

Prendre en compte l'impact environnemental des recherches

Pour une recherche plus responsable

Avoir un comportement socialement responsable et respectueux de l’environnement constitue un enjeu majeur pour l’avenir des humains et de la planète. Il est essentiel de réfléchir à ses effets sur les changements climatiques mais également d’évaluer les impacts de la perte de biodiversité et de l’épuisement des ressources sur les générations futures.
De par leurs activités professionnelles, la responsabilité des acteurs et actrices de la recherche est engagée dans l’atteinte d’un développement durable.

« Transformer la science en action : un moteur pour un avenir durable et résilient » (https://www.agenda-2030.fr/a-la-une/actualites-a-la-une/article/transformer-la-science-en-action-un-moteur-pour-un-avenir-durable-et-resilient ) est l’un des 17 objectifs du programme de développement durable, intitulé « Agenda 2030», adopté en 2015 par les 193 États membres de l’ONU (https://pactemondial.org/decouvrir/pacte-mondial-des-nations-unies/)

La prise en compte de cette problématique dans la recherche est complexe : la nécessité d’intégrer l’éthique environnementale dans la recherche coexiste avec les injonctions de compétitivité et de course à l’excellence et à l’innovation.  Un rapport élaboré par les cadres à haut potentiel de l’Inserm – Transition écologique et recherche en santé – aborde cette réflexion : « Comment articuler éthique en santé humaine et éthique environnementale ? » (cf https://pro.inserm.fr/rubriques/linstitut/ecoresponsabilite/plan-de-sobriete-energetique-et-dexemplarite)

L’Inserm est engagé dans une démarche de développement durable et propose à ses équipes de s’appuyer sur un plan stratégique contenant 9 mesures phares (https://pro.inserm.fr/wp-content/uploads/2022/11/PlanSobrieteInserm-171122.pdf )

Il ne s’agit pas d’imposer un discours dogmatique ni des pratiques non adaptées mais au contraire de sensibiliser et d’impliquer tous les personnels pour mettre en place une nouvelle organisation avec l’objectif de réduire son impact environnemental.

Cette démarche s’inscrit dans une démarche plus large de responsabilité sociétale des organisations (RSO) qui s’appuie sur l’approche Plan, Do, Check , Act de la norme ISO 26000.
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/CDDEP_Le%20guide%20pratique%20sur%20la%20mise%20en%20oeuvre%20d%E2%80%99une%20d%C3%A9marche%20de%20responsabilit%C3%A9%20soci%C3%A9tale%20et%20de%20reporting%20dans%20les%20organismes%20publics.pdf .

De nombreux outils et sites peuvent aider pour :

I – Planifier (PLAN)

  • A – Sensibiliser

La librairie de l’ADEME propose des guides et ressources dont les propositions sont applicables dans la vie quotidienne mais également dans le contexte professionnel comme par exemple, le guide «Comment être écoresponsable au bureau ?» (https://librairie.ademe.fr/consommer-autrement/8402-10190-comment-etre-ecoresponsable-au-bureau–9791029725074.html#/43-type_de_produit-format_imprime).
« Ma terre en 180 minutes » est un atelier collaboratif issu du monde de la recherche pour construire des scénarios de réduction de son empreinte carbone.
La « fresque du climat » est un outil de référence pour aider à s’approprier le défi du changement climatique.

  • B – Evaluer et planifier

Il est utile de mener une réflexion afin d’évaluer les possibilités de changement de pratiques (meilleure anticipation et planification des expérimentations, utilisation verrerie/plastique, distanciel/présentiel, réduction des températures, stockage numérique, limiter les impacts environnementaux au bureau…). Des outils sont disponibles sur https://labos1point5.org/ et des propositions dans le plan stratégique de l’Inserm.
Le résultat de cette évaluation permettra de définir les objectifs à atteindre et les actions à mettre en place.

 

II – Changer les pratiques (DO)

La mise en œuvre des changements doit impliquer tous les participants au projet. Il sera utile d’évaluer tout au long de ce déploiement la faisabilité réelle des nouvelles pratiques.

 

III – Mesurer les impacts (CHECK)

Afin d’évaluer l’impact des actions mises en place, il convient de comparer leur empreinte carbone avant et après la mise en place des actions afin d’évaluer les progrès faits et de positiver la démarche.

Le calcul de l’empreinte carbone et la construction du bilan gaz à effet de serre (BGES) peuvent être réalisés avec différents outils (l’un d’entre eux est proposé par https://labos1point5.org).

 

IV – Ajuster ces pratiques (ACT)

Maintenir la dynamique et continuer à améliorer la démarche de développement durable.

Partager la science

Pour une recherche plus responsable

Partager la science c’est notamment partager des résultats fiables entre scientifiques. Une démarche de science ouverte permet une plus grande transparence et aide à maximiser la valeur des données issues de la recherche scientifique et les résultats, qu’ils soient positifs ou négatifs.

Le comité pour la science ouverte a ouvert un site « ouvrir la science » (https://www.ouvrirlascience.fr/le-comite-pour-la-science-ouverte/) constamment mis à jour et offrant beaucoup de ressources de qualité : textes de référence, mais aussi documents et guides pratiques prenant en compte la diversité des métiers de la recherche et l’évolution rapide des outils (https://www.ouvrirlascience.fr/category/ressources/). Il a également publié en 2022 une synthèse « Décliner la science ouverte » dans laquelle il propose cinq pistes pour faciliter l’évolution des pratiques ouvertes associées aux données.

Partager la science c’est aussi favoriser la diffusion de la recherche et son appropriation par tous.
Dans un podcast de 2020 en 6 épisodes intitulé Working Scientist podcast: How to craft and communicate a simple science story’,  il est recommandé d’abandonner le jargon, de faire des phrases courtes et de rester dans l’actualité. L’intervenante partage aussi les secrets d’une bonne rédaction scientifique pour les livres et les magazines à destination du grand public.
De même, dans Point of View: Telling it like it is, publié en 2014, Alison Woollard rappelle pourquoi et comment les scientifiques doivent s’efforcer d’expliquer constamment et à tous ce qu’ils font.

A noter que l’université de Montréal vient d’annoncer l’ouverture d’un MOOC au printemps 2026. Construit par l’équipe de recherche RENARD qui travaille sur la médiation scientifique et le transfert de connaissances, il vise à outiller concrètement les scientifiques (https://catalogue.edulib.org/fr/cours/umontreal-renard101/).

Évaluer de façon plus responsable

Pour une recherche plus responsable

Plusieurs institutions de recherche, dont l’Inserm, se sont engagées dans une série d’actions pour des activités en faveur d’une recherche plus responsable, notamment en signant la Declaration on research assessment (DORA), et plus récemment la déclaration de la Coalition for advancing research assessment (CoARA), dans laquelle on trouve notamment les engagements suivants demandés aux institutions :

  1. Reconnaître la diversité des contributions et des carrières dans la recherche.
  2. Fonder l’évaluation de la recherche principalement sur une évaluation qualitative.
  3. Abandonner les utilisations inappropriées dans l’évaluation de la recherche des mesures fondées sur les revues et les publications, en particulier les utilisations du facteur d’impact des revues (JIF) et du h-index.
  4. Éviter l’utilisation des classements des organismes de recherche dans l’évaluation de la recherche.
  5. Engager des ressources pour réformer l’évaluation de la recherche.
  6. Examiner et développer les critères, outils et processus d’évaluation de la recherche :
    pour les organisations, les laboratoires, les projets et les personnels de recherche. Ceci avec la participation directe des personnels à tous les stades de leur carrière.
  7. Sensibiliser à la réforme de l’évaluation de la recherche, informer et former.
  8. Échanger des pratiques et des expériences.
  9. Communiquer les progrès réalisés en matière d’adhésion aux principes et de mise en œuvre des engagements.
  10. Baser les décisions sur des indicateurs maitrisés et supportés par des preuves solides. Cela suppose de s’appuyer sur les travaux en recherche sur la recherche, par exemple en mettant à disposition les données de l’institution relatives à l’évaluation des chercheuses et chercheurs.

Un webinaire sur CoARA a été organisé dans le cadre des rendez-vous Lorier. Marion Cipriano, directrice du Département de l’évaluation de l’Inserm y aborde les principes d’une évaluation déontologique et de qualité (https://lorier.inserm.fr/webinaire/comment-coara-permet-dameliorer-notre-evaluation-des-pratiques-de-recherche/)

N’oubliez pas que vous pouvez aussi vous engager personnellement en signant DORA et CoARA. N’hésitez pas à mentionner ces engagements dans votre CV.

Le site de DORA propose une plateforme interactive pour vous aider à rédiger vos CV narratifs, et à mettre en valeur un large éventail de compétences et d’expériences. Si vous êtes encore en début de carrière, vous bénéficierez de conseils adaptés selon votre domaine d’expertise. Et si vous souhaitez participer au projet comme mentor, vous pouvez déposer votre candidature !

Repenser son CV, c’est une opportunité pour expliciter son implication en faveur d’activités plus responsables, repenser ses actions au regard de ses valeurs, réfléchir à ses actions futures. C’est aussi s’interroger sur ses pratiques de recherche pour expliquer comment elles ont contribué à la création de connaissances et bénéficié à l’équipe, à la communauté de recherche au sens large, et à la société.

Faire équipe

Pour une recherche plus responsable

La recherche est une activité collective, basée sur la complémentarité des compétences et le partage des travaux. Le sentiment d’appartenir à un groupe, l’entraide et le partage autour des valeurs d’intégrité scientifique et d’éthique favorisent le développement d’une recherche responsable.

Les auteurs des articles, Health tips for research groups, Norris et al., 2018 et Ten simple rules towards healthier research labs, Maestre, 2019, proposent des modes d’action pour rendre la science plus productive, plus rigoureuse et plus heureuse.

Dans ces documents, il est notamment recommandé aux équipes de créer un environnement collaboratif, de ne pas oublier que chaque membre de l’équipe est unique, de respecter les heures de travail, les vacances et les jours fériés, de ne pas stigmatiser l’échec, de fêter les succès et de promouvoir le développement professionnel des membres de la structure.